19 août 2022

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Le musée Jeanne d’arc de Rouen fait-il l’apologie d’un écrivain d’extrême droite en toute innocence ?

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Imaginez : vous êtes Anglais. Vous vous promenez à Rouen et par une envie irrésistible de vérité historique ( ce qui reste à démontrer du côté des français, mais soit ! ) vous pénétrez dans le musée Jeanne d’arc, l’historial, pour comprendre le drame de la pucelle. Après tout, depuis 1431, les choses ont bien changé et la France est aujourd’hui amie de l’Angleterre. C’est sans compter sur Jacques Trémolet de Villers !

Icelui a écrit un ouvrage sur le procès de Jeanne d’arc à Rouen. Beaucoup, comme moi, ont commis l’erreur d’acheter cette « merde » . C’est sur les conseils du service communication du musée que je me suis procuré ce livre pour 9 euros. En toute confiance, j’ai fait ce que je ne fais jamais d’habitude : Je n’ai pas parcouru l’ouvrage avant de l’acheter. Terrible erreur !

La première phrase dit ceci :  » C’est de l’Angleterre, à qui l’inhumanité doit beaucoup, qu’est venue l’idée moderne de faire juger à grand spectacle un vaincu par son vainqueur » On doit cette phrase à Olivier Sers. Il fut simplement mêlé de très près à un complot ayant conduit à l’attentat du petit-Clamart. Bref, un  » bon gars » !

Quant-à l’auteur, de l’ouvrage, Jacques Trémolet de villers, il fut entre autre l’avocat du milicien fasciste et pétainiste Paul Touvier dont il prononça également l’oraison funèbre. Aujourd’hui âgé de 77 ans, il anime depuis 2008 une émission sur la radio d’extrême droite  » Radio Courtoisie ». Bref, que du beau monde !

Et comme si cela n’était pas suffisant, ajoutons que l’écriture de ces minutes de procès est très particulière. En effet, outre la retranscription des minutes, Trémolet n’hésite pas à commenter longuement une situation historique en faisant très souvent référence au fonctionnement de notre justice ( sur une période partant de 1945 à nos jours) pour affirmer et justifier ses convictions extrémistes.

Cet auteur assume complétement ses idées. Il en a le droit. Mais comment peut-on mettre en vente un tel ouvrage orienté dans un bâtiment public accueillant des touristes, dont des Anglais alimentant notre économie locale ? Au delà de cette phrase mal-à-propos d’Olivier Sers dans la préface, comment peut-on tout simplement acheter et revendre un tel livre dans un bâtiment financé par les deniers publics ?

Frédéric Quillet

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