S’entrevivre

S’entrevivre

Jadis, sur une corde lisse

Coulaient sans hésiter de belles étoiles

Quand soudain, le corps de l’innocence

Laissa sa place à l’essence de l’existence

Place au doute, à la chinée décolorée

Tigre de papier ou renard décomplexé

Ainsi sont les vies choisies ou imposées

Telles des figures itérables jugées, plaquées

Plonge la corne de l’océan. Il tousse sans cesse

Et sur les vagues délicates du fils de lumière

Glisse l’écrin des illusions aux ombres tatouées

Tels des leurres acratiques parents d’Ovide

Et s’enlace le liseron de la sagesse

Autour du mur des murmures imbriqués

Laissant libre la déraison et l’imaginaire

Connus sous le nom d’automate tracé

L’ombre n’est pas que chinoise

Elle est aussi douteuse et permissive

Dans l’antre des amulettes de l’âme oubliée

Se dresse l’acropole des idées folles

Elles sont venues vous aimer

Elles veulent vous transcender

Dans l’envie d’éviter notre dérive

Elles sont là juste pour s’entrevivre

FQ-23

dada++ Frédéric Quillet