30 novembre 2022

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Rouen : Les Guignols s’invitent à la Halle aux toiles

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C’est dans la salle d’honneur (excusez du peu) et dans une salle surchauffée avec les fenêtres grandes ouvertes (bravo à la mairie de Rouen pour son sens du respect de l’environnement), que nous avons assisté hier soir à un débat parodique frisant le ridicule et l’inintérêt politique.

C’est sous l’invitation de l’U.M.R ( Union des Musulmans de Rouen) que 5 personnalités de la vie politique locale se retrouvaient à représenter 5 candidats à la présidence de la République. Nous avions Hubert Wulfranc ( pour Fabien Roussel) Damien Adam (pour Emmanuel Macron), Marie-Hélène Roux ( pour Valérie Pécresse) Monsieur X (pour madame Y) et Jean-Michel Bérégovoy ( pour rien) . Tout ce petit monde était là pour débattre autour d’une thématique liée à la jeunesse et la question était de savoir comment les convaincre d’aller voter. Vaste sujet !

Un débat sans intérêt dans la mesure ou le sujet n’a pratiquement pas été abordé. On a retrouvé exactement le phénomène qui se déroule sur les médias nationaux : Un échange stérile où la plupart des représentants ont énuméré des mesures que leurs challengers mettraient en place s’ils étaient élus. Bref rien d’intéressant puisque les mesures annoncées ne verront jamais le jour. On a abordé une histoire de permis financé pour les jeunes et même un prêt étudiant de 5000 euros avec un remboursement différé. En d’autres termes, nous vous permettons de vous endetter avant même de travailler ! Bravo et bonjour l’angoisse tout de même. Et même si ces « mesurettes » sont budgétées dans le programme de Valérie Pécresse rappelle sa représentante, Marie-Hélène roux, cette dernière oublie de nous dire que compte-tenu de la dette faramineuse dans laquelle la France s’est mise, on n’en verra même pas un bout au prochain quinquennat.

Damien Adam ne sera pas en reste, rappelant l’effort exceptionnel de ce gouvernement pour créer des places d’apprentissage. Apprenti un jour, chômeur toujours semble rappeler Hubert Wulfranc dénonçant la retraite à 65 ans, projet de la droite Macroniste incapable d’imaginer un programme d’envergure pour créer de l’emploi pour les jeunes. La précarité va donc s’installer chez les jeunes. Entre la probable officialisation du RSA jeune ( qu’on nommera autrement pour éviter l’amalgame) et la difficulté à trouver un emploi temps plein correct, les jeunes de France n’auront plus qu’à changer de trottoirs rues pour mendier des petits boulots.

Jean-Michel Bérégovoy qui ce soir-là ne représentait que lui-même montrant bien que la candidature de Jadot l’indifférait totalement, partit dans une tirade d’écologiste dont il a le secret et le « copyright » en soulignant que seul les problèmes du climat intéressaient les jeunes. Il a sans doute raison. Cependant, ces derniers temps, on aussi vu beaucoup de jeunes désœuvrés sans job, étudiants ou non, faire plutôt le siège des restos du cœur que des manifestations écologistes.

Au final, on n’apprendra pas grand chose. Un débat pathétique et souvent burlesque. Seul Hubert Wulfranc sortira grandi dans cet échange. Le député et ex-maire de st Etienne du Rouvray a déployé une série d’arguments solides et frappés du bon sens. On retiendra aussi l’engagement permanent de Monsieur Bérégovoy contre les militants de la manif pour tous qui sont également contre le mariage homosexuel rappelant à Marie-Hélène Roux les accointances d’icelle avec cette mouvance.  » Je militerai constamment contre ces gens -là »…Oui-oui c’est sûr ! On va le croire. Ca ne l’empêche pourtant pas de siéger dans la même majorité que Nicolas Zuili, personnage ô combien engagé dans la manif pour tous à l’époque et opposé au mariage gay. Comme quoi, tout est possible ! L’hypocrisie politique, c’est parfois le « sens commun » de certaines personnes !

Le contenu du débat était à l’image de la salle: Vide ! En effet, d’habitude, cet évènement rassemble 6 fois plus de monde. Ici, on avait le droit à une poignée de participants n’hésitant pas, parfois à s’énerver du bas-niveau des échanges. On remarquera également beaucoup de militants politiques. Bref, une salle vide !

Un débat à oublier très vite !

Frédéric Quillet

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